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Langoëlan (56) : Un projet de poulaillers qui fait des vagues

10 avril 2019 à 11h50 Par Rédaction RMN
Crédit photo : Mes opinions - Mercredi 10 avril, 10h04



Cette pétition
 remue la commune de Langoëlan dans le morbihan depuis vendredi. Elle a été lancée par Isabelle Villette, agricultrice bio et voisine du futur projet. 

La pétition : "La maltraitance animale au format industriel arrive dans la campagne de Langoëlan !
A Langoëlan (56160), petite commune de 450 habitants, un éleveur souhaite implanter un élevage industriel d'une capacité totale de 120000 poulets de chair.

120000 par rotation, ce qui veut dire que des milliers animaux partiront de cet enfer vers l’abattoir par an !
120000 animaux entassés sur 4400 m2 au sol,sur du copeau, 27 par m2, bien moins qu' une feuille A4 par poulet." [...]

Face à l'emballement de la pétition sur les réseau sociaux, où l'agricultrice dénonce la maltraitance animale. Le porteur du projet a porté plainte pour diffamation. À peine 48h, après la diffusion de la pétition, Isabelle Villette a été entendue par la gendarmerie de Guémené-Sur-Scorff. Selon elle, le maire de la commune a accéléré les choses :  "Je sais pas ce qu'il s'est passé, tout est allé très vite ... Je pense qu'à un moment ou un autre le maire Yann Jondot, s'est trouvé à la gendarmerie. Il est impossible d'avoir une audition libre dans ce type de plainte en 36h " rétorque Isabelle Villette.

" Je ne m'attaque pas à un homme, je m'attaque à un projet. Un projet d'après-guerre comme on n'en fait plus. Je m'attaque au fait que l'on bétonne encore aujourd'hui des tonnes de terres agricoles. [...] Mais surtout ce que je dénonce c'est le silence qui a accompagné ce permis de construire. Je suis allée plusieurs fois à la mairie, sans résultat ! Je me suis donc renseignée toute seule sur internet, et je suis tombée sur le dossier de l'environnement MRAE, et il m'a inquiété ! Vu l'omerta pendant les travaux, je me suis dis que l'enquête publique va passer sous silence, et j'ai crée la pétition. "

        ► Pour le maire de la commune, Yann Jondot "le fonctionnement du projet n'est pas encore établi, c'est du buzz, et derrière se cache une histoire politique et c'est dommage"

Selon Yann Jondot, la mairie n'a pas plus de dossier que le permis de construire. "L'arrêté a été placardé sur le terrain, cette période a duré 3 mois et s'est terminée fin mars. La prochaine étape : c'est l'enquête publique qui peut attaquer le permis de contruire, selon les résultats ! Elle aura lieu si tout va bien d'ici un mois. Là on se retrouve dans un temps de repos, et je ne comprends pas pourquoi elle lance la pétition maintenant puisqu'elle pourra le faire pendant l'enquête publique."

Les documents trouvés sur internet par l'agricultrice, Isabelle Vilette, n'ont pas été publiés par la mairie "On ne peut pas les proposer à la population, on ne les a pas eu de manière officielle, on doit être impartial ! Selon moi, Isabelle utilise le laps de temps pour faire le buzz. Après j'ai compris dans cette histoire, il y a aussi un opposant à moi qui en profite bien pour faire le Cheval de Troie ! En fait c'est juste une histoire politique, et c'est dommage."

Concernant sa convocation en gendarmerie;" Ce n'était pas suite à sa pétition mais suite aux propos qu'elle entretenait par rapport au propriétaire du terrain, la diffamation qu'elle avait envers le porteur du projet de poulalliers. La personne a porté plainte à tort ou a raison mais le maire n'est jamais intervenu dans cette action là. Vous imaginez ce que ça représente : c'est à dire qu'un élu peut manipuler la justice. Elle ne se rend pas compte de ce qu'elle dit ! Et c'est dommage d'utiliser la cause de la maltraitance animale sachant que le projet n'est pas établi, moi j'ai aucune donnée ! " Yann Jondot, maire de Langoëlan 

"Tout cela est complétement prématuré, si elle avait attendu on se serait tous concertés à travers l'enquête publique. Isabelle Villette aurait eu ses idées et d'autres personnes les leurs. Et à ce moment là on aurait pu établir des conclusions, pour le moment on n'a rien ! Suite à l'enquête publique, si on découvre qu'il y a plein de problèmes (maltraitance animale, déchets), le Préfet décidera si il y aura les poulalliers ou pas. C'est un protocole normal " conclut le maire de Langoëlan